Tuesday, July 14, 2009

Retour dans la folie indienne

Samedi 18 Juillet 2009

Inde: bientot la fin!! Ça fait plus d'un mois que l'on est en Inde. Et on s'en va dans une semaine, changement de continent. Après avoir quitté le Népal, on a entamé notre seconde partie "Inde". Après notre séjour d'un calme divin au Népal, on était de retour dans la folie indienne, et surtout dans la chaleur impitoyable de "l'avant mousson". On se demande si on a pas fait une erreur quelque part. Où alors, on doit peut-être considérer notre séjour au Népal, comme une cure, un moment de détente régénératrice, comme le calme avant la tempète... Mais d'une manière ou d'une autre, nous sommes à nouveau en Inde.

On est arrivé tant bien que mal à Orccha, en bus, puis train de nuit, puis rickshaw, fatigués, mais heureux. De là, après un cours passage à Kajuraho et ses temples aux sculptures érotiques, on est allé plus au nord, à la recherche de la fraicheur: Haridwar, notre coup de coeur, et Rishikesh. Mais la chaleur nous poursuivant, on a continué vers le nord, à Manali, et nous sommes restés 2 semaines au Laddakh. Ahhh le Laddakh, c'est en Inde, mais c'est pas l'Inde. Après cette pause de 2 semaines, nous sommes retournés dans la chaleur, au Rajasthan.
Arrivant à la fin de notre séjour, y'en a des choses à dire: l'Inde, c'est pas notre destination préférée, mais elle a de quoi faire couler beaucoup d'encre!


Tant que l'on ne vient pas en Inde, on sait seulement que ça va être quelque chose d'incroyable, mais on ne sait pas encore trop quoi. Tout le monde dit que c'est intense, que c'est plein d'impressions en même temps, des odeurs, des couleurs... mais il faut le vivre pour le comprendre. Et là encore, on ne comprend pas. C'est peut-être ça ce qu´il y a de plus déroutant en Inde: on ne comprend pas ce qui se passe, on a pas le temps!

L'Inde, c'est pas Madagascar, c'est encore pire!! Il règne une sorte de chaos normal, d'harmonie dans le chaos, parce que tout le monde fonctionne dans ce chaos, c'est la norme: il y a de tout, dans tout et partout. Et on sent qu'il y a des règles pour que tout fonctionne, mais elles sont tellement différentes des notres, que c'est dur de s'y retrouver.


En arrivant les premiers jours à Calcutta, je m'avais pas ce sentiment si prononcé. C'est plus tard que c'est venu, comme une impression qui grandit. Mais, en même temps que l'on découvre dans quel bordel on est, on apprend à aimer ces particularités: les vaches et leur bouzes, on les a aimé tout de suite. Par contre, les gens et leur cultures, ça met plus de temps et il faut franchir quelques étapes: Au début, tout cette folie et surtout le regard des gens (surtout celui des hommes), n'est pas toujours très agréable. Ça a rapidement commencé à m'enerver sec, en particulier quand il s'agit de prendre le train. 15 heures de train avec un monde pas possible assis par terre, au-dessus de toi, sous toi, debout... et en plus qui te mate comme si tu venais d'une autre planète (ce qui n'est pas tellement faux) ça fait gonfler les oreilles...

Ce jour , dans le train de Gorakpur à Jhansi, en 2de classe, avec la famille de la mère ''pousse-toi de là que j'm'étalle", du père qui voulait très certainement une photo de moi (au premier sens du terme), et le groupe de jeunes blaggeurs, j'en pouvais plus!!

Thomas et moi, on s'est souvent posé cette question, à savoir ''mais qu'est-ce qu'ils ont a nous regardé comme ça, pendant si longtemps!!!'' On se dit que normalement au bout d'un moment, ils vont se lasser, mais non... C'est sur, leur culture et la notre sont à années lumière, mais tout de même!!




Ensuite on a pu se rendre compte de la relation qu'ils entretiennent entre eux: c'est hallucinant! Je ne sais pas si ça vient de la religion hindouiste qui dit, je crois, que le corps n'est qu'une entité matériel. Mais le corps de l'autre en tout cas, il s'enfoute. Dans le train par exemple (qui est un très bon exemple), les gens ne se poussent pas pour laisser quelqu'un passer. Alors ce quelqu'un passe en marchant quasiment sur les autres, mais c'est normal. Ainsi combien de fois on s'est déjà fait marcher sur les pieds, y'en a même un qui s'est presque assis sur ma tête!!!

C'est là q'on a commencé à se rendre compte de comment les indiens vivent ensemble, et de cette relation au corps de l'autre, qui pour nous se traduit en ''manque de respect de l'autre''.

Ils n'ont pas l'idée de l'autre tel qu'on l'a conçoit, cette sensibilité que, peut-être, l'autre ne va pas apprécier qu'on lui marche dessus. Ou alors ils s'enfoutent parce que de toute façon, l'autre ne se soucie pas non plus de leur bien-être! C'est tellement normal de ne pas se soucier du bien-être de l'autre, et de son intimité aussi, autre notion quasiment innexistente. Et c'est pour ça que quoi qu'on fasse, il y a toujours quelqu'un pour regarder ce que vous faites, ou prendre votre livre et regarder ce qu'il y a dedans.

D'une certaine manière, ils sont plus libre face aux autres. Chez nous, où le domaine privé est un luxe pour lequel on se bat depuis des lustres, c'est une notion tellement sacrée, qu'on ne pas regarder dans le journal de son voisin, sans être traité de ''violeur d'intimité''. C'est très clairement l'extrême inverse en Inde: y'a toujours quelqu'un à moins de 20 centimètres de votre nez, qui vous marche sur le pied, où vous pousse très clairement, sans un mot, pour passer...

Et tout ceci, c'est avec le temps qu'on le découvre, le poid de ce mode de vie sur nous autres occidentaux, se fait sentir petit à petit, en même temps que sont coté interessant...




... Parce que à coté de ça, se retrouver au milieu d'une foule incroyable qui va dans toutes les directions, au milieu des bagnoles, des charettes tirées par un cheval, ou un boeuf, des scooters, avec de la musique indienne en musique de fond/volume à fond, ça a son charme aussi... heureusement!!! Y'a tellement de vie! A Haridwar, dans la rue, c'était l'enchantement. Des échoppes partout, des fruits, des vaches biensùr, des boutiques spirituelles, des femmes aux couleurs éclatantes. Des ''where you from?'' tout le temps, mais aussi des ''hello'' simplement.

Y'a toute une athmosphère hallucinante, assez mystérieuse qui te fait ressentir qu'il y a que ici que l'on vivre ça (et heureusement).

Une chose qu'on aime aussi ici, ce sont les pantalons. Il règne encore une mode en Inde, que l'on croyait disparue à jamais, et c'est surement parce que ici ce n'est pas une mode, c'est un fait: Les pantalons taille haute (voir très haute), large, style patte d'eph, c'est toujours d'actualité, pour le plus grand plaisir des yeux: j'adore.

Et des animaux partout!! On a pas eu besoin d'aller très loin pour trouver des animaux, pas besoin de faire de safari en Inde, on est entouré d'animaux. Vous en connaissez la star: notre reine, c'est la vache. Ensuite, ça dépend oú l'on se trouve. Varanasi, Haridwar, Rishikesh, ce sont les singes, mais pas au Laddakh, où curieusement on a rencontré des chameaux!!?! Au Rajasthan aussi, mais c'est plus normal... et les plus impressionants ont été les éléphants. Dans les rues en pleine ville à Jodhpur, on les remarque, c'est sùr. Malheureusement, la plupart restent destinés aux tourismes, ce qui forcément a tout de suite beaucoup moins de charme...

L'Inde, c'est dingue!!! On est heureux de partir, on a besoin de repos. Et en plus, on l'a quitte pour notre continent de coeur, celui qui nous a fait nous rencontré, Thomas et moi, celui qui est "muy caliente" (bien qu'on va arrivé en hiver!!!), Amérique Latine: nous voici!!!!

A suivre...